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#15 Pourquoi faut-il s’aimer radicalement pour résister? Self-love radical : PARTIE I.

Dernière mise à jour : 12 févr. 2023

Chers coudpines et coudpains,

Ça fait plaisir de vous réécrire! Et aujourd’hui nous abordons ensemble un thème qui me tient particulièrement à cœur et que je médite depuis un bon bout de temps. Un thème qui allie bien-être et résistance, car les deux sont, à mon humble opinion, intrinsèquement reliés : le bien-être sert à la résistance et résister et lutter pour ce qui semble bon et juste contribue au bien-être.

Aujourd’hui on va parler complexes, poils, poids, injonctions esthétiques, body shaming, body positivity, self-love radical mais surtout…. AMOUR! Amour de soi, Amour des autres, Amour de la planète. Amour avec le grand A comme valeur et prémisse de résistance comme nous l’avons défini dans le Blogpost #4 où je vous présente mon lexique de Résistance (et aussi où je me présente moi-même si cela vous dit). En plus, ça tombe bien, c’est bientôt la fête de l’Amour! Et pour parfaire le tout, on va relier tout ça à la couture et comment, en cousant vous entamez déjà une micro-révolution ! Accrochez-vous bien, ça va s’aimer (Vous aussi vous entendez Gilbert Montagné ?)!

Voici comment nous allons procéder pour attaquer ce thème de la plus haute importance, :

  • D’abord, je vais vous parler un tout petit peu de moi et de mon expérience qui nous servira d’exemple et d’entrée en matière (eh oui, faut croire qu’au fil (de couture lol) des blog posts je ne fais que me dévoiler de plus en plus! Je sais que ça vous plait !). Aussi car je suis persuadée que nous partageons tous des vécus similaires de près ou de loin concernant ces thèmes et qu’il est important que nous nous sentions unis, solidaires et ensemble (toujours ensemble !) dans cette lutte.

  • Deuxièmement, je vais vous démontrer comment cette expérience concrète et particulière est le produit d’un système capitaliste, patriarcal et suicidaire qui est la cause du mal-être beaucoup trop répandu et ressenti dans nos corps. Ensemble nous allons débusquer à quelle logique ce système répond, ses motifs et les stratagèmes qu’il utilise pour arriver à ses fins.

  • Nous aborderons ensuite les effets dévastateurs que ce système produit et pourquoi cela a également un impact sur la cause environnementale et notre lutte pour un monde plus juste et une planète plus saine.

  • Puis je vous introduirai au concept du radical self-love comme solution à cette problématique et comme outil indispensable de notre résistance. J’en profiterai également pour vous mettre en garde contre les pièges de cette solution à éviter, à savoir la double-oppression et le body positivisme excessif et obligatoire.

  • Et enfin, bien sûr, car c’est pour ça que nous sommes là tout de même, nous relierons cette problématique aux merveilles de la couture en tant que mise en pratique de ce self-love radical.

Eh oui, tout un programme ! Vu l’ampleur et l’importance de ce thème et vu mon inspiration et ma passion débordante (mais aussi, parce que personne n’a envie de lire un blog post de 30 pages un dimanche soir, je vous comprends) ceci vous sera servi en deux blog posts : celui d’aujourd’hui et celui de la semaine prochaine.

Deux dernières petites notes préalables s’imposent :

  • Premièrement, les pensées et réflexions exposées ici ont été inspirée par des tas de sources et de discussions (et bien sur, aussi de mon cerveau brillant, pas d’inquiétude), mais surtout du podcast « Le Cœur sur la Table », de BingeAudio, épisode 8 « Devenir Chèvre ». Je vous en recommande vivement l’écoute et remercie chaleureusement Victoire Tuaillon d’exister, gros crush sur elle !

  • Deuxièmement, cet article s’adresse à tout et à chacun, peu importe votre sexe ou le genre auxquels vous vous identifiez, et a pour but l’attisement de réflexions, et l’accroissement de bien-être et donc aussi de lutte et résistance pour tous. Cependant, l’Atelier Résistance et le Couture Club adhèrent pleinement aux valeurs féministes. Par conséquent, nous sommes conscientes que les problématiques évoquées (bodyshaming, objectivisation, sexualisation, oppression des corps)(bien que faisant partie de notre système et donc touchant tout le monde) impactent davantage les femmes que les hommes. Si ceci vous rend sceptique ou vous interpelle et que vous aimeriez en savoir plus, faites signe dans les commentaires ou sur IG, je me ferai un plaisir de vous partager quelques ressources attestant de cette réalité.

Bon maintenant que tout cela est dit, place au blog post; Zééééééparti!


Me, myself and I

Laissez-moi donc, comme promis, commencer en vous parlant de moi (je sais, vous êtes trop content.e.s). Je vous écris ces mots dans un petit patio tranquille d’une vieille maison coloniale : au-dessus de moi le ciel bleu avec son perpétuel amant brillant et ardent réchauffant ma peau, autour de moi des palmiers et des fleurs aux couleurs vives. Un véritable havre de paix en plein centre de la ville massive, colorée, chaotique, sale, habitée de muchachos et muchachas aimables et jonchée de vieilles maisons charmantes et d’églises, avec une odeur perpétuelle de tacos et de friterie (on dirait presque Bruxelles lol) de Guadalajara. Eh oui, cela fait bientôt 3 semaines que j’ai laissé la douce Finlande derrière moi et que j’ai troqué les soirées saunas hebdomadaires pour des sorties endiablées saveur tequila, les sous-vêtements thermiques pour des textiles légers et les patins à glace pour la crème solaire.

Je suis déjà amoureuse de la vie ici, mais se retrouver dans une toute nouvelle culture, entourée d’inconnus qui, plus est, parlent une langue et agissent selon des schémas de pensée et d’actions que je ne maitrise pas encore tout à fait vient également avec son lot de défis. Un des plus gros défis pour moi est ma confiance en moi et plus spécifiquement en mon apparence physique et l’image de mon corps. Faut croire que le combo de regards journaliers d’inconnus , l’environnement nouveau, et les habitudes alimentaires étrangères (tacos, tacos, tacos, queso queso queso, quesadillas, tacos et chili partout et tout le temps, même sur les fruits !), et se promener en tenues plus légères et révélatrices vu la grande chaleur m’a fait prendre douloureusement conscience de l’existence de mon corps.

Mais ce n’est pas la première fois. D’ordinaire je suis quelqu’un d’assez confiant et à l’aise, mais ces dernières années, passées à l’étranger, m’ont fait de plus en plus réfléchir à mon corps. Des commentaires positifs ou négatifs sur mon poids ou mon physique en général quand je rentre en Belgique après quelques mois (aaah cette sensation de passer dans le miroir du regard de ses proches) ou encore des mises en gardes tels que “Attention, au Mexique tu vas gonfler avec tous ces tacos!” sont devenus monnaie courante et je déplore l’impact que ça a eu sur mon image et ma confiance en moi. Mais bon, mieux vaut mieux identifier la chose pour agir dessus et c’est pour ça qu’on est là !

En plus de la question du poids, il y a la question des poils, l’affreuse, horrible question qui pique ! J’ai fait ma propre expérimentation dernièrement (dans le confort et la discrétion de l’hiver et des 15 couches nécessaires de la Finlande), de les laisser en paix pendant plusieurs mois tentant, le mieux possible, de me défaire du regard sociétal et de me poser la question de ma propre opinion esthétique et ça allait plutôt bien ! Mais hélas,, je vous avoue direct que me revoilà déjà lisse comme un poulet vendu à la boucherie du Colruyt ! Bon bon, j’ai fini de vous déballer ma vie ! Mais comme je disais ci-dessus, je suis certaine que si je remplace poids et poils par cuisses, cheveux, ventre, ou je ne sais quelle autre partie de nos corps, que cette petite anecdote, banale à première vue, vous parle à toustes. Nous avons tous et toutes déjà eu à faire à des complexes, des défauts, des commentaires, des insécurités liés à notre corps.


Quid du système…


Ceci n’est pas anodin et a forcément une origine : eh oui, vous l’aurez deviné, c’est toujours ce même système capitaliste-patriarcal-raciste contre lequel nous luttons qui crée ces injonctions corporelles et physiques nous inspirant de la haine et du dégoût de nos corps fabuleux. Selon lui, les femmes doivent être minces, avoir de belles formes, lisses et les hommes musclés et grands, mais pas trop pour être belles et beaux. Afin de répondre à cette définition unique de la beauté qui nous est imposée et inculquée à coups de pubs, programmes Miss France, téléréalité et cinéma, nos rides, cheveux blancs ou perdus, cellulite, ventres et bras bedonnants et maudits poils doivent être combattus à l’aide précieuse de régimes, de Basic Fit et de je-ne-sais-combien de produits et services divers et variés l!

J’en profite pour attirer notre attention sur le fait que bien souvent, ces bimbos des médias ne sont que très peu souvent racisé.e.s ou porteur.se d’un handicap. On nous apprend, dès le plus jeune âge, via tout ce bourrage de crâne à adorer un seul modèle esthétique et à nous considérer comme de faibles copies ratées, des brouillons de celui-ci et détester tout ce qui n’y correspond pas. D’ailleurs, l’ironie la plus totale est que c’est ce même système nous faisant gober ces idées impossibles qui, est également à l’origine de malnutrition et d’obésité dans le monde entier. On nous vend des produits et des aliments portant directement atteinte à notre santé et transforment nos corps pour le pire, tout en nous demandant d’en avoir un parfait.

Je me suis construite toute une philosophie où je me dis que tant que je vis sainement et tant que moi je me sens bien et belle, je me fiche du chiffre sur la balance et du reste. Car je suis intimement et personnellement convaincue que la Vie m’a fait un beau cadeau qui est mon corps et que je me dois d’en prendre soin et de l’utiliser à bon escient. Les gens heureux et confiants, ce sont eux les plus beaux. Plus facile à dire qu’à faire, il y a en effet de sacrées limites à notre pouvoir d’agir. Prenons par exemple le fait que la malbouffe coûte dans la plupart des cas le quart du prix d’aliments sains et qu’au cours d’une journée on bouffe souvent des tonnes de sucres et autres saletés sans même s’en apercevoir.

A quelle logique répond ce système? Que recherche-t-il? La réponse est tristement simple : millions of dollars, baby. L’industrie des services esthétiques et des produits de beauté génère des sommes d’argent exorbitantes. Les capitalistes sans scrupule ont tout intérêt à financer des campagnes de pubs et autres pour renforcer la haine de soi et de son corps des personnes comme vous et moi pour assurer la vente de leurs services et produits. Pour forcer un peu le trait : une personne qui se sent bien et belle telle qu’elle est n’aura pas forcément besoin ou envie d’aller chez l’esthéticienne ou le coiffeur/la coiffeuse toutes les semaines, ni de dépenser toute ses économies dans la dernière gamme anti-rides de Dior.


…et ses conséquences


Pourquoi est-ce que ça craint tellement et quels sont les effets de ce système pourri sur nous et notre lutte environnementale ? Parmi les multiples désastres, voici ceux qui me semblent les plus problématiques :

  • Ce système engendre une dichotomie grotesque entre nos corps et nos esprits. Nos corps deviennent des « vitrines », d’ordinaires objets sexualisés à la vue et pour le plaisir de tous, conférant un droit à quiconque de le commenter ou de le regarder et même le toucher. Outre la honte, la haine, la violence et le dégoût causé, ce système nous coupe également de la réalité que nous formons un : nos corps et nous. C’est à travers nos corps que nous éprouvons la vie, les sensations, le rapport à l’autre et cette interconnexion avec le reste du monde Vivant qui est indispensable pour se reconnaître dans les autres et dans le Monde et indispensable pour notre lutte.


  • Dans la même lignée , ce système et le rapport maladif à nos corps qu’il nous inculque nous enferme dans une bulle individualiste et nombriliste. Comme si on n’avait pas mieux à faire, nos priorités et pensées sont dominées par nos régimes, notre reflet dans le miroir, le chiffre sur la balance, des calculs de quand on aura le temps pour s’épiler (tmtc les heures passées dans la salle de bain). Non seulement le système se nourrit financièrement de nos insatisfactions insatiables car inspirées par des modèles photoshopés et impossibles à atteindre, il bénéficie également de cette aliénation qui domine nos pensées en nous gardant dans la position de petites marionnettes superficielles qui pensent à leur apparence et gardent le regard fixés sur nos bourrelets/nos cuisses/nos *insérer votre complexe* plutôt que de le poser sur le monde extérieur et tout ce qui se passe autour de nous… Personnellement, quand je passais des heures dans la salle de bain à m’épiler, je m’exaspérais toujours en me disant que je pourrais utiliser tout ce temps pour lire, m’informer, m’engager (maintenant, j’écoute des podcasts, c’est déjà ça hehe), pas vous ? Cette obsession avec notre physique nous bouffe notre temps précieux!


  • Pire encore, cette objectivation et sexualisation de nos corps nous place dans une compétition infernale. N’avons-nous pas tous déjà été assis sur la plage/dans la rue/un centre commercial/… à passer en revue, avec un.e pote, les passants ? Les jauger ? Les côter ? Ne nous sommes-nous pas tous déjà trouvés, jalousement ou fièrement, plus mince/grosse, belle/moche, … que sa copine, sa sœur, son crush,… ? Ce système, avec ses standards de beauté uniques, sexistes, validistes, racistes, nous inscrit tous dans une course inégale, injuste et impossible, incitant à la haine, la frustration, la violence, la moquerie, l’agression, envers nos propres corps et celui des autres (car le pire dans tout ça, c’est que nous devenons tous des relais de ce système. Retour aux commentaires sur nos poids, nos poils, nos je-ne-sais-quoi …de la part de nos mamy/Tata/papa/chéri.e/patron.ne/ami.e/….). Cette compétition et ses conséquences coupent toute possibilité vers cet amour inconditionnel, cette interconnexion, cette acceptation et cette pleine appréciation pour qui nous sommes entièrement, que nous méritons tous et auxquelles nous aspirons tous.


Je ne parle même pas ici des troubles alimentaires, des mutilations, des souffrances physiques, des budgets beauté exorbitants, des violences et pressions physiques et psychologiques exercées à domicile ou au bureau, du catcalling dans les rues et j’en passe pour lesquels me manquent les mots pour en exprimer la gravité.


…to be continued…


Vous retrouvez-vous dans ces mots ? Dans ces vécus ? Ces sentiments ? Aviez-vous déjà pensé à tout ça ? Est-ce que vous vous sentez aussi offusqué.e.s, aussi rebellé.e.s, aussi énervé.e.s que moi à présent ? Je l’espère ! Soyons offusqué.e.s ! Rebellons-nous contre ce système maladif nous coupant de tant d’amour et nous ôtant toute liberté de définir nous-même ce qui est beau ou non ! Et c’est précisément à cette rébellion et aux remèdes et solutions que se dédiera la suite de ce blog post. Rendez-vous la semaine prochaine donc pour discuter self-love radical pour détruire ce système et comme outil indispensable de Résistance pour un monde plus juste et beau. Nous parlerons également des écueils du body positivisme obligatoire et de la double-oppression, ainsi que de la couture comme mise en pratique concrète de la révolution que nous pouvons mener et que le Couture Club proclame haut et fort. Jusque là, je vous laisse méditer et écouter le podcast précité du Cœur sur la Table. Tenez-vous prêts, on n’en a pas fini !

Aimez-vous à la folie, aimez-vous à la révolution!

Des bisous sur vos fesses parfaitement imparfaites !


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