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#4 Coucou de la Soeurette Résistante et Petit Lexique de Résistance

Dernière mise à jour : 14 nov.

Salut les coudspains et coudpines!


Ce dimanche, plutôt que de persévérer dans l’anonymat et tranquillement vous rédiger mes dernières réflexions et dernières découvertes résistantes et environnementales, bas les masques et roulement de tambour, je me dévoile (bon pas trop quand-même)!


Car c’est quand-même agréable de savoir qui se cache derrière ce drôle de nouvel Atelier du Couture Club et de découvrir qui vous concocte les articles derrière son écran en grinçant les dents (ou en souriant, ça arrive aussi, mais TOUJOURS en écoutant Jean-Jacques Goldman, ça c’est non-négociable!). Alors c’est parti :


Voilà, là où vous pouvez lire (et si vous ne l’avez pas encore fait, foncez! Mais qu’attendez-vous, que diable?) sur le site web tout jaune, tout beau du Couture Club une petit bio de l’une de mes plus grandes idôles “Hello, moi c’est Eleonore. Fan de vêtements depuis toujours , j'adore me déguiser et je suis la pro pour chiper discrètement des vêtements dans l'armoire de ma maman…”... Eh bien moi je vous écrirai que… y a pas qu’elle-même qu’elle déguisait, et y a pas que l’armoire de maman qui y est passée! Les innombrables clichés de toute la fraterie-sorrorerie (car oui, nous sommes 4 au tout!) dans les combinaisons de vêtements/maquillages/accessoires les plus farfelues et dans les thèmes les plus improbables en témoignent bien. Je pense qu’un de mes préférés est où je suis pendue au fil à linge de Maman à l’aide de pinces à linge, un rouge à lèvres pivoine et mal appliqué, une coiffure improbable et une vieille chemise de papa… Faut croire que l’imagination de notre Soeur Suprême n’avait pas de limites et que nous adorions nous prêter au jeu.


Hélas, toutes ces heures passées à être la fashion victime de ma soeur préférée (petite blague pour fâcher les autres membres de la fraterie-sorrorerie ) ou encore à remplir avec elle des carnets entiers de stylisme ne m’ont pas apporté les mêmes habiletés et capacités pour la couture (levez la main si vous aussi vous en êtes encore à vous dire tout bas “promis, je vais m’y mettre bientôt”). Non mais sérieux, j’ai toujours pas digéré le fait que Maman (aka le Gourou Couture) ait dû recoudre ma dernière tentative, mais au moins j’adore aller aux Ateliers du Couture Club pour apprendre (vous aussi vous avez galéré avec les coutures en rond du Bob ou c’est que moi?!).… ou gratter des vêtements cousus pour me vanter de ma soeur trop stylée auprès de mes copains ….hehe.


Moi, mes pulsions artistiques se sont dirigées vers la musique en tous ces aspects. Moi, mon grand amour dans la vie, c’est le chant. Pour citer Barbara Parvi : “Je chante, c’est ainsi que je suis humaine. C’est ainsi que je me sens belle et que mon corps trouve sa place dans ce monde”.


Sinon, à part être un jukebox ambulant (demandez à Eleo, c’est presque énervant) et avoir une partie trop grande de ma mémoire dédiée à des paroles, j’adore collectionner des feuilles mortes, et en faire de la déco (ici en Finlande, où j’étudie, c’est la folie comme c’est beau et coloré), mon son préféré est celui des Rice Crispies au moment où on ajoute la lait, j’ai l’habitude malsaine de remplir beaucoup trop mes emplois de temps et d’oublier de dormir, je lis actuellement “La Insoportable Levedad del Ser” de Milan Kundera (en español car j’apprends la langue), je mange de quantités inestimables de chocolat, je me mouche beaucoup trop fort, je déteste le fromage de chèvre, je pense que les gens sont au plus beaux quand ils parlent de ce qui les passionne, je réfléchis beauuuucoup trop et j’adore écrire (ce blog me l’a rappelé, même si , quand-même, j’en suis à mon 19ième journal intime dans lesquels je déverse mes atermoiements et joies depuis mes 12 ans : grande fierté!).


Et puis bien sûr…. bien sûr… il y a la cause environnementale. Je vous fait un tout petit historique de mon parcours qui m’a amenée là où je suis à présent. Je retrace mes premières réflexions environnementales à quelques cours de géographie en secondaire donnés par un prof bedonnant qui me faisait peur, mais dont l’indignation et les informations fracassantes qu’il débitait m’ont marqué et m’ont fait prendre conscience de l’ampleur du problème. Peu après je suis devenu végétarienne, nourrissant énormément des réflexions colibris (voir le blogpost #3 où on en parle!), pensant changer le monde en troquant mon bien adoré salami pour des lentilles. Quand je me suis aperçue que cela était loin d’être suffisant, je me suis engagée au cœur de mon université durant mes années de bachelier, en tant que présidente de l’Ecokot. J’étais si fière de nos belles conférences, nos affiches colorées, nos workshops et soirées projections où j’ai pu enrichir mes réflexions et participer à des échanges et discussions vivifiantes. Quand j’ai eu envie d’encore plus, j’ai décidé d’abandonner le chemin tout tracé d’un Master en droit et de prendre le chemin vers le Nord, vers mes études actuelles en politique et droit environnementale dans mon Joensuu adoré (bled paumé au Nord d’Helsinki). J’ai toujours l’impression de ne pas en faire assez, j’ai toujours cette rage indignée et cette envie folle de contribuer plus qui m’habitent et je ne vous dis pas les nombreux épisodes d’écoanxiété que j’ai combattus. Mais, on ne va nulle part à se lamenter et en ayant peur, alors, petit à petit, je trouve mon chemin, je cherche ma place, des occupations de résistance et une vie qui fait sens à mes yeux sur ce grand arrière-fond de lutte environnementale à laquelle j’ai décidé, il y a bien longtemps, que je me dédierai. Cette passion et cette motivation, alliée à mon amour pour l’écriture m’ont donc amenée ici. Quand Eleo m’a dit qu’elle aimait ma plume et que nous nous sommes donc mises à imaginer ensemble cet Atelier Résistance cet été, je n’ai pas dû y réfléchir à deux fois. C’est donc avec énormément de joie (et dieu sait qu’il en faut beaucoup de cette joie de vivre pour avoir envie de résister! C’est elle, cet amour de la vie qui moi me donne la force nécessaire et l’envie de me battre rageusement!) que je m’amuse à, sous la douche, en faisant ma vaisselle ou ma lessive, en écoutant ou en lisants ces livres/articles/podcasts que je dévore quotidiennement, à vous imaginer et, enfin, vous écrire ces blog posts que vous lisez chaque dimanche.


Et vu que c’est moi qui vous écrit, j’avais envie de vous partager mes mots de résistance favoris, ceux que je pense sont essentiels à cette cause environnementale qui nous est si chère. Ces mots phares que vous avez déjà lus au cours des blog posts passés et que je répèterai sans cesse au cours des prochains.


Ils forment ensemble ce que j’aime appeler “le lexique du résistant”. Toute lutte mérite un lexique car les mots forment notre imaginaire, notre imaginaire forme notre perception de nos manières d’agir, et cela forme alors les actions entreprises et donc la forme que nous donnons au monde. Les voici donc :


  • La lutte environnementale.

Lutte, lutte, lutte, mais pourquoi parler de “lutte” alors qu’on pourrait dire “cause environnementale” ou bien encore “la question environnementale”...? Pourquoi la “lutte” comme si on partait à cheval, bouclier et épée à la main comme Don Quichotte pour aller batailler des moulins? Parce qu’ en effet, nous sommes bel et bien au cœur d’une réelle bataille et que hélas, cette fois, ce n’est pas contre des géants imaginaires. Non, ce qui nous arrive est bien plus réel et grave qu’à ce pauvre bougre romantique (excusez-moi, Mr Cervantes) et nos moulins/géants sont bien plus grands encore. La planète en feu est le résultat d’un système mondialisé multipliant les structures d’oppression qui vident le vivant de tout son souffle et actuellement écrase tout espoir pour un monde meilleur. Nous sommes pris dans un réel rapport de force : les représentants bien armés ( ressources financières exorbitantes, lobbys surpuissants, médias de masse, …) de l’ancien monde et des bénéficiaires de ces structures, tenant coûte que coûte à les maintenir versus les défenseurs d’un nouveau monde et du vivant. Et pour l’instant, ces derniers sont mis KO…. Les mots “cause” ou “question” (il n’y en a pas, ou justement trop) ayant une connotation religieuse ou idéologique n’ont pas leur place ici vu qu’il ne s’agit ici pas d’un choix : nous sommes tous, que nous le voulons ou non, engagés dans ce qui se passe. Ces mots ne reflètent pas assez fidèlement ce rapport de force et le caractère foncièrement politique et donc… LUTTE ENVIRONNEMENTALE, lutte lutte lutte!


  • Résister/Résistance.

Il ne faut pas chercher midi à 14 heures, compte tenu du premier terme de ce lexique : vu que nous sommes en lutte, il s’agit de résister aux forces meurtrières qui nous menacent tous. Résister afin de les démanteler et de construire un avenir meilleur, pour nous et tous les autres vivants avec qui nous partageons notre belle Terre.


  • Responsabilité & communauté des vivants.

Pourquoi sommes-nous tous concernés par cette lutte? Bon, à part le fait que ce qui nous arrive touche à nos ressources vitales : notre eau, notre air, nos amis les autres espèces et nos proches? Parce que, justement, nous faisons partie de cette Communauté des Vivants, bien plus grande que notre petite espèce humaine et s’étendant bien au-delà de nos petites vies sur terre. Cette communauté, avec qui nous partageons tous cette énergie vitale et cette chance de se promener ici à un moment ou un autre, traverse les générations et les diversités énormes de membres qui la peuplent depuis la nuit des temps. Elle nous nourrit et nous donne une chance de vivre ici, il est donc de notre devoir, notre responsabilité, de lui rendre la pareille, de la protéger et donc, de s’engager à ses côtés et de batailler, bec et ongles, contre ce qui la menace.

Au risque de vous avoir perdus dans ces propos de hippies-bobos, voici en mots simples : ne soyons pas des stupides parasites à juste sucer la vie de tout ce beau monde en le laissant vide et souillé, mais reprenons nos rôles de membres d’une communauté symbiotique. Bref, soyons sympas (/empathiques), on a le droit de vivre pleins de trucs cools ici sur terre, ça mérite bien un peu d’engagement, non?


  • Courage & Communauté

Eh oui, du courage. Car tout ceci est grand, immense et que ça fout la trouille. Car on préfèrerait ne pas savoir, ne pas y penser, ne pas agir car c’est dangereux. Mais comme déjà dit : qu’on le veuille ou non, nous sommes engagés, nous sommes en danger, alors soyons courageux. Le truc cool au courage, c’est qu’il est multiplié quand on est plusieurs à l’être , quand on est ensemble, quand on forme des communautés de résistants, le fardeau partagé devient alors plus léger. La seconde chose cool, c’est que le mot courage vient étymologiquement du mot “coeur” et que ça.. il en faut…


  • …car le dernier mot, et le mot le plus important et essentiel c’est l’Amour. Et pour expliquer pourquoi il est si essentiel, je citerai un passage d’un livre lu cet été qui m’a marqué :


“Car nous avons besoin de tout le courage dont est capable le cœur humain, forgé à la fois en arme et en bouclier, pour défendre ce qu’il reste de la planète. Et le cœur du courage, bien sûr, c’est l’amour. (...). Les oiseaux chanteurs et les saumons ont besoin de votre cœur, aussi las soit-il, car même le cœur brisé est fait d’amour. Ils ont besoin de votre cœur car ils sont précipités dans cette longue nuit qu’est l'extinction. Cette résistance, nous allons devoir la construire à partir de tout ce que nous pourrons trouver : des murmures et des prières, des histoires et des rêves, partir de nos mots et de nos actes les plus braves. Ce sera difficile et coûteux, et cela semblera impossible lors de beaucoup trop d'aubes implacables. Mais quoi qu’il en soit, nous devrons nous y atteler. Alors, rassemblez votre courage et joignez-vous à tous les êtres vivants. Avec l’amour comme cause première, comment pourrions-nous échouer?


Alors plein d’Amour sur vos fesses de résistants et à dimanche prochain pour de prochaines réflexions ensemble! Belle semaine sur la planète terre !


xoxo


Marie


Citation : Deep Green Resistance, un mouvement pour sauver la planète, tome 1, Derrick Jensen, Lierre Keith, Aric McBay paru aux éditions libres

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