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#20 Pourriez-vous vivre dans un Sequoia pendant 2 ans? Crise existientielle et quête de sens. PartII

Dernière mise à jour : 16 mars

Buenos días/tardes/noches selon où vous vous trouvez sur le globe, chers et chères résistant.e.s!


Comme prévu, pendant que je rentre et vous écris tout sur mon aventure Tren Maya (voir le blogpost #18 si vous êtes perdus), nous poursuivons avec nos Grandes Réflexions sur la crise existentielle et la quête de sens. Ce matin encore, en parcourant les réseaux et les médias, j’ai été happé d’un sentiment d’impuissance, de colère, de peur, d’effroi. “Et moi dans tout ça? Qu’est-ce que je fais? Comment? Où je vais et où est-ce que je commence? Quelle est ma place?”. Je ressens au plus profond de moi la conviction intime que nous sommes tous bourrés de talents, d’attributs et de compétences diverses et variées et que nous sommes tous appelés à faire le bien, d’une façon ou d’une autre, pour soulager notre monde d’un de ses multiples maux (la liste est bien longue, ce qui m’a toujours fait penser qu’au moins, il y a l’embarras du choix).


Mais si c’était si simple, on n’en serait pas là, et on aurait pas tous, de temps à autre le cortex cingulaire intérieur qui nous embête. Dans la partie 1 de ce post (voir blog post #17) on a parlé de celui-ci pour expliquer biologiquement cet état de panique et d’anxiété de “crises existentielles” qui nous gratouille et nous fait angoisser (vous voyez bien, ce dimanche après-midi en PLS, à moitié habillé.e, dans votre lit à regarder dehors, un gros vide dans le bide en écoutant du mélodrame). Petit rappel:le cortex cingulaire intérieur est le petit organe dans notre cerveau qui déclenche un état d’anxiété et de panique quand il ressent des incohérences entre nos actes/notre vie quotidienne et nos pensées/envies/valeurs. Car en plus de trouver sa voie, sa cause, il faut aussi trouver comment s’engager tout en gagnant suffisamment sa vie pour se loger, se nourrir, prendre soin de soi et des ses proches, et arriver à marier tout ça avec ses valeurs, ses passions, ses envies, ses rêves,... Bref! Pas une tâche facile! Heureusement, en plus de nous expliquer tout sur l’origine biologique de nos angoisses et crises existentielles, Sébastien Bohler propose 3 pistes pour les soulager et parvenir à retrouver du sens dans nos vies. Les voici :


1. Être en accord avec nos choix.


Sébastien Bohler explique qu’il est impératif de tenter d'aligner ce que nous sommes intérieurement et ce avec quoi nous remplissons nos journées. Cela implique forcément déjà de savoir qui nous sommes à l’intérieur de nous, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand on prend en compte qu'énormément de choses quotidiennes nous en distraient (injonctions sociales et professionnelles, attentes et pressions familiales,...). C’est fastidieux, mais pas de temps à perdre : partons à la quête sans fin de nous-même et de ce qui, véritablement nous rend heureux et nous fait sentir bien (vous savez, ce petit sentiment chaud intérieur qui ne ment pas!) ! Une fois cela fait, il y a lieu d’aménager sa vie, sa carrière, ses relations, ses habitudes, ses actes afin de matcher l’impact que nous aimerions avoir sur les gens et finalement, sur le monde.

Voici quelques pistes et questions concrètes qui peuvent servir de guide :

  • Observez votre journée/votre semaine et tentez de déterminer les actions et activités que vous faites qui vous font réellement sentir bien, qui vous nourrissent de l’intérieur, qui vous donnent la pêche! Faites de même avec celles qui vous fatiguent, ,vous font sentir mal/vide. Tentez ensuite de privilégier et de vous rapprocher un max de la première catégorie et d’éliminer la deuxième.

  • Faites pareil avec vos relations: quelles personnes vous énergisent? quelles personnes vous pompent votre énergie?

  • Quelles causes vous tiennent vraiment à cœur? En observant le monde, l’actualité et ce qui se passe autour de vous, qu’est-ce qui vous met en rage? Vous donne envie de vous battre et d’améliorer telle ou telle situation? Quelle différence aimeriez-vous voir dans le monde? A quelle édifice aimeriez-vous apporter votre pierre?

  • Quels sont, selon vous, vos outils et atouts les plus précieux? En quoi prenez-vous du plaisir et êtes vous bons (souvent, les deux vont de pair)?

  • Tentez de faire la liste de vos priorités et d’aligner votre quotidien sur celui-ci.

Pour un petit insight exclusif, la mienne est le suivante :

  • Santé mentale et physique. Car je pense que sans cela, tout le reste ne peut tout simplement pas suivre! Concrètement, je tente de courir deux fois par semaine, je me cuisine des bons petits plats, je fais du yoga quasi tous les matins et je dépose mes pensées et tracas dans mon carnet tous les soirs.

  • Engagement environnemental. Car je suis foncièrement convaincue que comme rien ne peut suivre sans un corps sain, rien ne peut se créer ou se construire sans une planète saine. La crise environnementale est un impératif pour moi et c’est à sa solution que je veux contribuer. En concret, je tente de trouver des projets et des façons de m’engager partout où je vais, que ce soit via mes études, écrire cet Atelier Résistance ou mon stage actuel auprès du Global Alliance for the Rights of Nature (voir blogpost #18).

  • Amour : famille, amis, relations, rencontres, communautés, liens. Car je pense que c’est ce qui me nourrit le plus. En concret cela passe par prendre le temps d’appeler mes proches pour discuter, prendre un café, aller me promener ou faire une activité avec un être cher, organiser des soirées ou des moments partagés,...

  • Kiff. J’inclus dans cette catégorie toutes ces activités et choses par lesquelles je me renouvelle, me conforte et me nourri sans cesse :

  • ma conviction que ce monde et cette vie sont une merveille que j’ai la chance de vivre et que j’ai le devoir de lui rendre la pareille.

  • l’idée que les humains ne sont pas des gros pourris, mais des êtres d’Amour capables de bien des grandes choses s’ils s’y mettent.

  • mon envie de me battre et mon sentiment d’union avec tout ce qui m’entoure.

Concrètement pour moi cela se traduit par le voyage, la randonnée en nature, le chant et la musique, l’art, nager dans la mer et des lacs, le dépassement physique, …


2. S’intégrer à des vies collectives


Rappelons qu’autant que nous avons tous nos singularités qui nous poussent à adopter une mission différente, changer le monde et notre société pour un futur meilleur, est cependant un effort collectif. Vous l’avez sûrement entendu : “seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin”. De plus, ça a quelque chose de rassurant et nous l’oublions peut-être trop souvent, que nous sommes tous dans le même bateau (eh oui, c’est notre planète à tous qui brûle et malgré les privilèges qui marquent des différences injustes en termes de ressenti des conséquences, au final, nous serons tous impactés) et tous à la recherche du bonheur.


Le lien, la connexion à l’autre et le sentiment de partage, d’appartenance, de confiance, de se comprendre, de se soutenir a quelque chose d’extrêmement puissant qui est notre meilleure arme de résistance. Bohler explique que le partage de valeurs fondamentales et la confiance sont des vecteurs de sens extrêmement puissants. J’ai toujours adoré l’idée que, dans la résistance, si nous luttons ensemble, nous ne nous épuisons jamais : l’un prend le relais quand l’autre a besoin de repos et vice versa. Alors, autant que possible, retrouvons-nous et rallions-nous. Discutons, partageons, abordons ces sujets difficiles, à aborder, tendons-nous la main, questionnons-nous et agissons ensemble, c’est ce qu’il y a de plus beau et utile à faire pour construire une réelle résistance contre ce système qui nous bouffe tous. En pratique, cela peut passer par rejoindre (ou même créer, pourquoi pas!) des collectifs, des mouvements, des organisations, des ateliers,... qui s’organisent autour des causes qui vous sont chères. Sur Bruxelles il y en a un max organisés autour du féminisme, de l’environnement, la cause des sans papiers, …!

De mon côté, par exemple, j’ai eu la chance de ressentir énormément de sens quand j’étais engagée auprès de l’Ecokot, le Kot à Projet environnemental de mon université à Bruxelles, quand j’écris ce ce blog qui me permet chaque semaine de nourrir des réflexions et discussions intéressantes ou encore durant mon stage actuel. The point is que ce sont via ces petits ou grands engagements concrets, on rencontre des gens, on partage, on échange et cela donne instantanément ce sentiment d’appartenance et de cohérence de participer à quelque chose dans lequel on croit, qui fait vachement du bien!


3. Partager une vision de l’avenir


Dans la même lignée, Bohler explique qu’il est impératif d’adresser notre besoin de cohérence et de projection dans le temps. Il explique que depuis la révolution industrielle, le système (ah, ce cher capitalisme) a proposé aux humains de réaliser leur existence dans le confort personnel en proposant comme mantra “tu seras heureux.se en consommant”. En plus de détruire notre planète et nous avec, cela oblitère complètement la question de sens qui fondamentalement partie de l’espèce humaine. Depuis la nuit des temps l’humain cherche du sens à son existence et cela n’a fait que s'exacerber avec la destruction de notre environnement qui nous confronte à notre propre finitude et capacité de à la fois détruire et créer. Nous ressentons tous au fond de nous l’impératif de trouver d’autres façons de vivre qui préservent notre futur et il devient dès lors primordial de construire, ensemble, une vision unifiée et partagée de ce futur et de ce nouveau monde auquel nous aspirons tous. En pratique, ça passe à nouveau par la réflexion collective, le débat, la discussion, l’organisation. Et, afin de nourrir ces efforts collectifs, il s’agit, individuellement, d’oser se questionner et d’aller au-delà de ce que le système nous donne à croire. Il y a une foule de livres, podcasts et autres qui peuvent aider à cela. Pour un peu d’inspiration, les blog posts #10 et #11 contiennent une liste de sources et médias de résistance qui vous feront passer de longues heures à vous gratter le cerveau et à discuter passionnément avec vous-mêmes et vos proches!

Pour revenir à notre chère Julia “Butterfly” Hill avec qui nous avons fait connaissance la semaine passée (blogpost #17), nous pourrions dire qu’elle a fait une belle mise en pratique de ces conseils. Je ne peux que vous encourager à aller lire sa fabuleuse histoire (De Sève et de Sang, paru aux Éditions Libres), mais dans les grandes lignes cette femme résistante a osé remettre en cause sa vie, a réévalué ses choix, s’est engagé auprès des treesitters afin de protéger ce qui lui semblait être important (en l'occurrence la forêt de Séquoias de Grizzly Creek) et afin de défier notre système mortifère et promouvoir une vision du futur nouvelle.


En expliquant son surnom de Julia “Butterfly” Hill, elle écrit :

Notre véritable métamorphose ne peut se produire que lorsque nous trouverons la force de regarder notre reflet dans le miroir et de nous détacher de tout. D'affronter notre démon intérieur loin de la distraction mercantile que l'on nous impose et des réalités sociales trompeuses. Nous n'avons d'autre choix que de nous retirer dans notre cocon et d'aller au-devant de nous-mêmes. Il nous faut partir à la rencontre de notre noirceur intérieure. Ce n'est qu'en renonçant à ses liens et en affrontant l'obscurité que le corps de la chenille parvient à faire sa mue et que ses ailes belles et légères commencent à se former.

Et même après le stade nymphal, la jeune chrysalide encore, faire preuve d'abnégation, elle doit abandonner l'espace sombre et exigu qui lui était devenu familier et confortable et rompre la membrane de soi, regarder enveloppée. Bien qu'elle n'ait aucune idée de ce qui l'attend à l'extérieur, elle répond malgré tout à l'appel suprême. Cette dernière lutte marque la fin du processus de transformation. Si un humain l'aide à déchirer les fibres de son cocon, le papillon ne volera jamais. Seule la force de se libérer de cet ultime lien permet à cet être délicat, au corps si léger et si fragile qu'un seul souffle semble suffire à le tuer de s'élancer dans les airs, beau et libre.


Ce n'est qu'en mettant de côté tout ce qu’on sait en renonçant à nos petites préoccupations égocentriques et en nous libérant du cocon dans lequel nous nous sommes isolés du monde que nous pouvons faire ressortir la beauté intrinsèque de notre être.


Et en guise de conclusion à la fin de son aventure elle note :


Quoi qu'il en soit, mon séjour dans l'arbre avait répondu à la prière que j'avais faite ce jour-là sur la Lost Coast. Luna m'avait transformée. En occupant ce séquoia, j'avais réappris à écouter le monde, à me parler. J'avais réappris à sentir le lien enfoui au plus profond de mon être, qui m'unissait à la création et pris conscience que je ne faisais qu'un avec elle.


J'allais donc continuer à me battre pour mes convictions et refuser de déposer les armes. Personne, pas même une entreprise où l'État n'a le droit de détruire le don de la vie. Personne n'a le droit d'accaparer le futur en vue de se remplir les poches le plus vite possible. Trop, c'est trop. Il est grand temps que nous retournions à notre place d'humain et que nous servions la terre et non l'inverse. Il est temps que nous rendions une partie des capitaux que nous avons dérobés.


Il est de notre responsabilité de défendre la vie que nous avons bafouée Quelles qu’en soient les conséquences. Je continuerai donc à brandir la lanterne pour éclairer l'obscurité. Je continuerai à croire que l'amour est la réponse à tout, que l'amour est le pouvoir, que l'amour est la vérité.

La création n'a pas échoué. Elle n'a pas dit « Oh, pardon, excusez-moi, je n'avais pas envisagé cela. » Lorsqu'on arrache une plante avec sa racine connectée à la vie du sol, elle meurt. Il en va de même pour nous.


Je continuerai donc à porter l'amour pour la création dans mon cœur, dans mes actes, dans ma vérité, dans mes paroles et dans toutes mes pensées. Je suis un être humain. Il m'arrivera donc de trébucher, voire de tomber. Mais je me relèverai et je me raccrocherai à tous ceux qui me retient par amour et je persévérerai.

Luna n'est qu'un arbre, nous la sauverons, mais nous perdrons les autres. Plus nous résisterons et exigerons que les choses changent, plus nous progresserons. Je me demande parfois si nous n'avons pas trop détruit, s'il nous est encore possible de sauver nos forêts et notre planète. Et pourtant, je sais que je n'ai pas le droit d'abandonner. Il nous incombe d'agir parce que c'est notre devoir, quelle qu'en soit l'issue. Il m'appartient de mener un combat à la fois. Tout comme je l'ai fait avec Luna lorsque viendra le prochain, je me battrai de toutes mes forces. Oui, une seule personne peut faire la différence et cette personne, c'est chacun de nous.


Voilà de quoi nourrir encore bien des réflexions existentielles, mais utiles et inspirées cette fois. Car hélas, à défaut d’être une Grande Gourou qui a Tout Compris, il me tarde de pouvoir vous proposer des solutions miracles et des clés plus concrètes pour solutionner cette quête de sens qui nous est propre à tous et qui, je pense, est sans fin. Nous souffrons tous d’une manière ou d’une autre de ce qui se trame dans notre environnement, et cette crise a cette capacité de nous demander ce qui est réellement essentiel et ce que nous voulons réellement faire de notre passage sur cette Terre. Mais justement, et si cette crise environnementale à laquelle nous faisons face est justement la meilleure manière de redonner sens à nos vies? Nous avons tous en nous quelque chose pour contribuer à sa solution et à un monde meilleur, telle est la seule réponse, certes toujours un peu vague (pardonnez-moi), que cet article tente de vous donner.

Je terminerai avec les quelques mots de la préface du livre écrite par Derrick Jensen :


“Oui, les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont insurmontables.

Oui, la dynamique est implacable, et alors ? On ne peut, pour utiliser une très ancienne métaphore, avaler un monstre en une seule bouchée. Nous ne sommes pas des superhéros au gosier super extensibles. Nous ne sommes que des êtres humains que la nature a dotés de talents, de dons que nous devons mettre au service de la Communauté.


Il n'y a jamais eu, selon moi, de grande distinction entre ceux qui pensent qu'il faut détruire le système et ceux qui pensent qu'il est possible de le réformer. La grande distinction a toujours été marquée par des gens qui allaient et de l'autre, ceux qui ne font rien.


Cherchez au fond de vous-même, c'est que vous aimez et défendez le. Découvrez quels sont vos dons et mettez-les au service de la protection de notre planète.

Le monde a besoin de vous, telle est la leçon de ce livre.

C'est la leçon la plus importante que nous ayons jamais apprise.”


La semaine prochaine, accrochez vos ceintures! Comme promis, je vous partagerai mon journal de bord sur l’expérience Tren Maya au Yucatan que je vis actuellement!

Bon dimanche!


<3


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